(Société Civile Médias) – À Montpellier, une nouvelle page des relations entre l’Afrique et l’Europe tente de s’écrire. Le 17 avril 2026, acteurs institutionnels, représentants de la société civile et membres des diasporas ont officialisé la signature de la Charte de Montpellier, un texte qui ambitionne de refonder en profondeur les mécanismes de coopération entre les deux continents.
Portée par le Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP), cette initiative se veut une réponse aux limites des modèles traditionnels de coopération, souvent critiqués pour leur déséquilibre et leur manque d’ancrage local. La signature de cette charte s’est déroulée en présence de Jean-Noël Barrot, de Michaël Delafosse, mais aussi de Zita Afi Lawson-Messan, chargée des relations avec les diasporas africaines et les sociétés civiles françaises au sein du CIDP, dont l’implication a été déterminante dans la mobilisation des acteurs autour de cette initiative.
Rompre avec les anciens modèles
Derrière ce texte, figure l’ambition de changer de paradigme. La Charte de Montpellier défend une coopération plus horizontale, fondée sur la réciprocité et la co-construction, loin des logiques descendantes qui ont longtemps structuré les relations euro-africaines.
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Elle insiste notamment sur la nécessité d’impliquer davantage les acteurs locaux, les jeunes et les diasporas dans la conception et la mise en œuvre des projets. Une orientation qui traduit l’émergence d’une nouvelle génération déterminée à peser dans les décisions qui concernent le développement du continent.
Jeunesses et diasporas au cœur de la dynamique
L’une des particularités de cette initiative réside dans la diversité des acteurs mobilisés. Jeunes leaders africains, organisations de la société civile, partenaires institutionnels et membres des diasporas ont contribué à l’élaboration du document.

Cette mobilisation témoigne d’une évolution des rapports de force, avec des acteurs longtemps en marge des processus décisionnels qui s’imposent désormais comme des forces de proposition. À travers cette charte, ils revendiquent une place centrale dans la gouvernance des relations internationales.
Au-delà des intentions, la Charte de Montpellier entend s’inscrire dans une logique opérationnelle. Elle prévoit plusieurs mécanismes pour assurer la mise en œuvre concrète de ses engagements : gouvernance partagée, projets pilotes, appui technique et mobilisation de partenaires à différents niveaux. L’objectif est de passer d’une coopération théorique à des actions mesurables, ancrées dans les réalités des territoires.
Un réseau en expansion
À l’origine de cette dynamique, le CIDP s’affirme progressivement comme un acteur structurant du dialogue euro-africain. Né dans le sillage de la Déclaration de Lomé en 2024, puis renforcé en 2025, le réseau s’étend aujourd’hui à plusieurs pays du continent, avec l’ambition de construire une plateforme durable d’échanges et de partenariats.
Porté notamment par des conseils nationaux au Cameroun, au Tchad et au Togo, il prévoit d’élargir son implantation à d’autres pays africains dans les prochains mois.

La signature de Montpellier ne constitue toutefois qu’un point de départ. Plusieurs échéances sont déjà inscrites à l’agenda pour prolonger cette dynamique.
Parmi elles, le Dialogue Africain Permanent prévu le 28 avril 2026 à Yaoundé, qui réunira des centaines d’acteurs autour des enjeux liés à la jeunesse et au financement du développement. D’autres rencontres, comme le sommet Africa Forward à Nairobi, viendront également nourrir cette réflexion.
À plus long terme, un salon international dédié aux territoires est envisagé à Montpellier en 2027, avec l’objectif de traduire les principes de la charte en projets concrets.
De Montpellier à Nairobi, en passant par Lomé et Yaoundé, c’est une même volonté qui se dessine : rééquilibrer les relations entre l’Afrique et l’Europe en plaçant les peuples, les territoires et les diasporas au cœur de la coopération.
