(Société Civile Médias) – Les médias ne se contentent pas de rapporter les faits. Ils façonnent les perceptions, influencent les comportements et participent à l’évolution des sociétés. Dans un contexte où les violences basées sur le genre, les discriminations et les inégalités continuent de toucher les femmes, la responsabilité des professionnels de l’information apparaît plus déterminante que jamais. Convaincue que la presse constitue un levier essentiel de promotion des droits humains, l’Association EKINA, avec l’appui du Fonds Pananetugri, a réuni du 25 au 26 juin 2026 à Lomé des journalistes venus renforcer leurs compétences sur les questions liées au genre.
Placée sous le thème « Comprendre et défendre les droits des femmes dans les médias au Togo », cette session de formation a doté les professionnels des médias des connaissances juridiques, éthiques et pratiques indispensables pour produire une information respectueuse des droits des femmes et exempte de stéréotypes.
Pendant deux jours, les participants ont approfondi plusieurs thématiques importante, notamment les concepts fondamentaux liés aux droits des femmes et à l’égalité de genre, le cadre juridique togolais, les instruments régionaux et internationaux de protection des droits des femmes, parmi lesquels le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW) ainsi que la Résolution 1325 des Nations unies.
Les échanges ont également porté sur les responsabilités des médias et les techniques de traitement journalistique sensible au genre.
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Pour favoriser l’apprentissage, les organisateurs ont privilégié une approche participative combinant exposés interactifs, études de cas, analyses de productions médiatiques, exercices pratiques, travaux de groupe et élaboration de sujets journalistiques.




Les médias appelés à devenir des acteurs du changement
Juriste au ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Joseph Atchali fait un focus sur la responsabilité sociale des médias dans la promotion des droits des femmes.
« Il est impératif de multiplier les actions de sensibilisation. Vous, professionnels des médias, devez intégrer cette question dans vos émissions, vos reportages et vos productions quotidiennes. Il faut aider la population à comprendre que les femmes disposent des mêmes droits que les hommes. Nous sommes différents sur le plan biologique, mais en matière de droits, personne ne devrait être discriminé. Promouvoir ces droits, c’est œuvrer dans l’intérêt de toute la société », a-t-il souligné.

Le choix des mots peut changer le regard de la société
Autre intervenant à cette formation, André Kangni Afanou, président du Conseil d’administration du Centre de Documentation et de Formation sur les Droits de l’Homme (CDFDH). Celui-ci a mis l’accent sur la responsabilité éditoriale des journalistes.
Pour le formateur, la manière de raconter une information influence directement la perception du public. Il a illustré son propos par le traitement médiatique des violences conjugales.
« Lorsqu’un article annonce simplement qu’une femme a tué son mari, il faut aller au-delà du fait brut. Si cette femme a subi des violences pendant près de dix ans, cet élément de contexte mérite d’apparaître dans le traitement journalistique. Il ne s’agit pas de nier le crime, mais de permettre au public de comprendre les circonstances qui ont conduit à ce drame. »

Cette approche, a-t-il expliqué, permet de produire une information plus équilibrée, plus contextualisée et plus respectueuse des réalités sociales.
À l’issue de la formation, chaque participante a reçu un exercice individuel consistant à élaborer une proposition de sujet intégrant une problématique, un angle de traitement et les sources à mobiliser. Les productions seront évaluées afin de sélectionner douze journalistes qui intégreront le programme « Ambassadrices Genre dans les Médias », deuxième phase du projet porté par l’Association EKINA.
