(Société Civile Médias) – Comment exploiter les ressources minières sans compromettre l’avenir des terres agricoles et des communautés ? Pour Nissao Konkondji, géologue et ancien président de l’Association des Géologues du Togo (AGT), la réponse passe par une réhabilitation systématique des sites après leur exploitation. Intervenant ce samedi 31 octobre 2026 lors de la 3e édition des Journées nationales des géosciences (JNG-Togo), il a plaidé pour une gestion minière durable qui place la protection des générations futures au cœur des projets d’exploitation.
Pour le spécialiste, la réhabilitation des carrières ne doit pas être considérée comme une étape secondaire, mais comme une composante essentielle de toute activité minière. Il estime que plusieurs entreprises togolaises s’engagent déjà dans cette démarche, tout en appelant à généraliser les bonnes pratiques dans l’ensemble du secteur.
Pour illustrer son propos, il a présenté l’expérience de ScanTogo Mines, qu’il considère comme un exemple de réhabilitation progressive respectant les exigences socio-environnementales.
« Nous devons parvenir à concilier les dimensions économique, sociale et environnementale. C’est tout le sens de la gestion minière durable », a-t-il souligné.
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Préserver les terres avant qu’il ne soit trop tard
Au-delà des aspects techniques, Nissao Konkondji a insisté sur les conséquences sociales que pourrait entraîner une exploitation minière sans réhabilitation. Selon lui, laisser des sites dégradés après leur exploitation revient à réduire progressivement les superficies disponibles pour d’autres usages, notamment l’agriculture.

« Si nous ne réhabilitons pas les terres après leur exploitation, nous risquons de réduire les superficies cultivables, avec des conséquences qui pourraient notamment accentuer l’insécurité alimentaire », a-t-il averti.
À ses yeux, la réhabilitation constitue donc un investissement pour l’avenir, permettant de préserver les terres au bénéfice des générations futures plutôt que de laisser des espaces durablement dégradés.
Faire de la réhabilitation une obligation dès le départ
L’ancien président de l’AGT estime que cette exigence doit être intégrée dès la conception des projets miniers. Il rappelle que le cycle de vie d’une mine comprend quatre grandes étapes : l’exploration, l’exploitation, la réhabilitation et la fermeture.
Pour lui, ces deux dernières phases ne doivent pas être traitées une fois les ressources épuisées, mais préparées dès le lancement du projet. Cela passe notamment par des plans de gestion environnementale et sociale, des plans de réhabilitation et de fermeture, ainsi que par un suivi rigoureux de leur mise en œuvre.
Il rappelle également que le Code minier prévoit déjà des dispositions dans ce domaine, mais insiste sur la nécessité de renforcer leur application afin que les entreprises respectent effectivement leurs engagements.
« Nous devons assurer un suivi rigoureux, veiller au respect des dispositions prévues et, au besoin, appliquer des sanctions », a-t-il plaidé.
Cette communication s’inscrivait dans le programme du troisième et dernier jour des Journées nationales des géosciences, organisées par l’Association des Géologues du Togo à l’Université de Lomé, où les enjeux de l’exploitation responsable des ressources naturelles ont occupé une place importante des échanges.

