Togo : face aux inégalités persistantes, un projet pour intégrer le genre dans la transition énergétique

Komi TOMEGAH
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(Société Civile Médias) – Au Togo, une initiative vise à promouvoir une approche inclusive et sensible au genre dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques liées à la transition énergétique et à l’économie verte. Il s’agit du projet intitulé « Plaidoyer pour l’effectivité de l’intégration du genre dans les politiques publiques sur la transition énergétique et l’économie verte au Togo ». Ce projet est porté par un consortium dirigé par la Coordination des Organisations Féminines du Togo (COFET), avec l’appui financier de L’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI) à travers le projet FAME (Féminisme, Action et Mobilisation pour une Économie Inclusive).

Le lancement de ce projet s’inscrit dans un contexte marqué par des inégalités persistantes qui freinent encore l’autonomisation économique des femmes au Togo. En dépit de l’existence de cadres juridiques et politiques favorables à l’égalité de genre, notamment la Politique Nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre (PNEEG) et les engagements pris dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), leur mise en œuvre reste encore limitée, en particulier dans des secteurs stratégiques comme l’économie verte et la transition énergétique.

Dans les faits, plusieurs disparités subsistent. Les femmes, bien qu’actrices clés de l’économie domestique et fortement impliquées dans l’utilisation des sources d’énergie, notamment le bois, le charbon ou le gaz, demeurent largement sous-représentées dans les instances de décision et peinent à accéder aux mécanismes de financement. À titre illustratif, elles ne représentent qu’environ 25 % des bénéficiaires de crédits bancaires, en raison notamment de contraintes liées aux garanties et à des dispositifs financiers peu inclusifs.

Mawuli ATIDOKPO, cheffe du projet à la COFET

« Alors que le pays s’engage progressivement dans la promotion des énergies renouvelables à travers ses politiques de développement, la prise en compte du genre dans ces orientations reste encore insuffisante. Toutefois, certaines avancées récentes, telles que la nomination paritaire au Sénat et l’implication accrue des femmes dans la gouvernance locale, offrent une opportunité favorable pour renforcer les actions de plaidoyer en faveur d’une meilleure intégration du genre dans ces secteurs clés », expliqué Mawuli ATIDOKPO, cheffe du projet à la COFET.

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Dans ce contexte, le projet se donne pour ambition de favoriser une meilleure prise en compte du genre dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques relatives à la transition énergétique et à l’économie verte au Togo. Il vise ainsi à promouvoir une approche véritablement inclusive, capable de garantir une participation équitable des femmes, tant dans les instances de décision que dans l’accès aux opportunités économiques qu’offrent ces secteurs en pleine mutation.

Un éventail d’activités au cœur du projet

Dans le cadre de sa mise en œuvre, le projet s’articule autour d’un ensemble d’activités stratégiques visant à renforcer le plaidoyer et à mobiliser les acteurs clés. Il est notamment prévu l’organisation de plusieurs rencontres de plaidoyer sous forme d’audiences avec des décideurs de haut niveau, accompagnées de missions de suivi afin d’assurer une continuité dans les échanges et les engagements pris.

« Le projet prévoit également la tenue d’une conférence réunissant les partenaires techniques et financiers internationaux présents au Togo, en vue de susciter leur adhésion et de renforcer les synergies autour des enjeux liés au genre, à la transition énergétique et à l’économie verte. Dans la même dynamique, un atelier d’échange et de plaidoyer sera organisé à l’endroit des femmes parlementaires et des sénatrices, afin de consolider leur rôle dans la promotion de politiques publiques plus inclusives », indique la cheffe du projet.

Par ailleurs, des rencontres de suivi régulières seront organisées avec les comités de femmes parlementaires et de sénatrices, pour accompagner les avancées et maintenir la dynamique de plaidoyer.

Le projet met aussi un accent particulier sur le rôle des médias, à travers un atelier de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias et aux influenceurs sur les questions liées au genre et à la transition énergétique. Cette action sera complétée par l’élaboration d’un guide de sensibilisation, conçu comme un outil d’appui pour améliorer le traitement médiatique de ces thématiques.