Togo : la ministre Moni Sankaredja appelle à intensifier les efforts en faveur de la nutrition des enfants

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(Société Civile Médias) – À l’ouverture de la Conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre, ce lundi 11 mai 2026 à Lomé, la ministre togolaise chargée de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, a rappelé les efforts engagés par son pays en faveur de la nutrition infantile et maternelle, tout en estimant que d’importants défis restent à relever pour garantir à chaque enfant une alimentation adéquate et un meilleur développement dès les premières années de vie.

Dans un discours prononcé au nom du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la ministre a insisté sur la nécessité d’aller plus loin afin de garantir à chaque enfant une alimentation adéquate et de meilleures conditions de développement dès les premières années de vie.

« Permettez-moi de souligner qu’en dépit des progrès enregistrés, les efforts restent à faire pour permettre à chaque enfant de bénéficier d’une diversité alimentaire minimale et d’atteindre son plein potentiel de développement, améliorer la nutrition maternelle », a-t-elle déclaré devant les participants venus de plusieurs pays de la sous-région.

Pour les autorités togolaises, l’enjeu dépasse le cadre sanitaire. Il s’agit aussi d’un investissement stratégique pour l’avenir économique et social du pays. S’appuyant sur des données du Groupe de la Banque mondiale, la ministre a rappelé que chaque dollar investi dans la nutrition et le développement de la petite enfance peut générer jusqu’à 23 dollars de retombées économiques.

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Face à ces défis, le gouvernement met en avant plusieurs programmes déjà déployés. Parmi eux figure le programme Wézou, lancé en 2021 pour assurer gratuitement le suivi des femmes enceintes, les consultations prénatales, les analyses médicales et les accouchements dans les structures de santé. Selon les chiffres communiqués, plus de 600 000 femmes ont déjà été enrôlées, avec plus de 3,2 millions de prestations fournies.

La ministre a également cité le programme School AMU, qui étend la couverture maladie aux élèves, ainsi que les cantines scolaires, présentées comme des outils essentiels pour lutter contre la malnutrition et améliorer l’assiduité scolaire, notamment chez les filles.

Au-delà des programmes nationaux, le Togo mise aussi sur des partenariats avec la Banque mondiale, l’UNICEF, le PAM ou encore l’OMS afin de renforcer les services de santé et de nutrition jusque dans les zones rurales et enclavées. Le projet SWEDD+ prévoit notamment le déploiement de cliniques mobiles et le renforcement des capacités des agents de santé communautaires.

Durant son intervention, Martine Moni Sankaredja a insisté sur l’urgence d’agir durant les 2 000 premiers jours de vie de l’enfant, une période qu’elle considère comme déterminante pour le développement cognitif et nutritionnel.

« On ne rattrape pas les retards de développement cognitif. On ne reconstruit pas les capacités nutritionnelles perdues », a-t-elle averti, appelant les pays de la région à transformer cette conférence de Lomé en « tournant historique » pour les enfants et les mères d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, près d’un tiers des enfants souffrent encore de retard de croissance et 65 millions de femmes d’anémie : investir dans la nutrition et le développement de la petite enfance est une urgence pour briser le cycle de la pauvreté, renforcer le capital humain et préparer cette génération à plus et de meilleurs emplois aujourd’hui et demain.

La Conférence régionale de Lomé (11–13 mai 2026) est la plus ambitieuse jamais organisée en Afrique subsaharienne sur la nutrition et la petite enfance. Elle vise à opérationnaliser des interventions intégrées à grande échelle, mobiliser des financements durables et renforcer les systèmes de données et de redevabilité, afin de créer les conditions d’une main-d’œuvre plus productive et mieux préparée aux emplois de demain.