(Société Civile Médias) – L’association Tchowourè se mobilise pour redonner voix, dignité et espoir aux femmes et filles réfugiées de la région des Savanes, particulièrement exposées aux violences basées sur le genre, à la précarité et aux traumatismes liés aux déplacements forcés. L’initiative s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance des crises sécuritaires et humanitaires en Afrique de l’Ouest, qui continuent d’entraîner d’importants mouvements de populations vers le nord du Togo, notamment dans la région des Savanes, où ces femmes et filles font face à de multiples défis. C’est dans cette optique que l’association a organisé, les 26 et 27 juin 2026 à Dapaong, un forum d’échange et de partage, en vue d’offrir un espace sécurisé d’écoute, d’expression, de sensibilisation et de renforcement de la résilience des participantes.
Le Forum a regroupé des femmes et filles réfugiées et des partenaires institutionnels et humanitaires. Les autorités locales et personnes ressources étaient également à cette rencontre qui s’est tenue au centre des solidarités et du genre de Dapaong.

A en croire ses organisateurs, il s’agissait de créer un cadre d’échange, de soutien et de bien-être au profit des participantes afin de renforcer leur participation communautaire et leur résilience dans un contexte où, depuis plusieurs années, elles demeurent les plus exposées aux difficultés liées à la protection, à l’accès aux services sociaux de base, au bien-être psychosocial, ainsi qu’aux VBG.
« Les femmes et les filles réfugiées sont confrontées à de nombreux défis, notamment l’isolement social, les traumatismes liés aux déplacements forcés, la précarité économique, les discriminations, ainsi qu’un accès limité aux espaces d’expression et de participation communautaire. Certes, l’État togolais déploie plusieurs initiatives dans la région des Savanes pour répondre à cette situation. Des partenaires humanitaires, des institutions et de nombreuses organisations locales apportent également leur contribution. Toutefois, les besoins en accompagnement psychosocial, en autonomisation économique et en renforcement de la cohésion sociale demeurent considérables », souligne Reyhanath Touré Mamadou, Directrice exécutive de l’association Tchowourè.
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Le forum se voulait également un cadre favorisant le renforcement du bien-être mental, le partage d’expérience, la valorisation de la résilience des participantes et la promotion de leur participation active dans la communauté. La rencontre a par ailleurs abordé la question d’autonomisation économique des femmes et filles réfugiées à travers des échanges sur les activités génératrices de revenue (AGR) adapté à leur contexte.
Une diversité d’activités au menu
Pendant les deux jours de travaux, les participantes ont pris part à une série d’activités axées sur l’écoute, l’information, le partage d’expériences et le renforcement de leurs capacités. Des panels interactifs, des séances de sensibilisation, des groupes de parole ainsi que des espaces d’écoute, animés par des professionnels qualifiés, ont permis d’aborder des thématiques liées à la santé mentale, à la santé sexuelle et reproductive, aux violences basées sur le genre, à la cohésion sociale et à la participation communautaire.


En parallèle, des consultations psychologiques et gynécologiques gratuites ont été proposées aux participantes, afin de répondre à leurs besoins spécifiques en matière de santé et d’accompagnement psychosocial. Une séance de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle a également été organisée, suivie d’une distribution de serviettes hygiéniques réutilisables au profit des femmes et des filles réfugiées.
« Nous avons voulu créer un cadre où ces femmes se sentent écoutées, comprises et accompagnées. Au-delà des échanges, il était essentiel de leur offrir des services concrets, notamment en matière de santé, de soutien psychologique et de dignité menstruelle », explique la Directrice exécutive de l’association.
Le forum a également accordé une place importante au vivre-ensemble à travers des activités récréatives, culturelles et des moments de partage réunissant les communautés réfugiées et hôtes. Ces initiatives ont favorisé les échanges, renforcé les liens de solidarité et contribué à promouvoir une meilleure cohésion sociale entre les différents participants.
Soucieuse de permettre aux femmes de participer pleinement aux différentes sessions, l’association Tchowourè a par ailleurs aménagé un espace dédié aux enfants. Encadrés par des animateurs, ces derniers ont bénéficié d’activités ludiques et récréatives pendant que leurs mères prenaient part aux travaux du forum.

« La résilience passe aussi par le bien-être. Lorsque les femmes peuvent participer sereinement aux échanges, pendant que leurs enfants évoluent dans un environnement sécurisé et adapté, elles sont davantage en mesure de s’exprimer, d’apprendre et de retrouver confiance en elles », souligne Reyhanath Touré Mamadou.
La rencontre a également été marquée par la présence de l’opération Koundjouaré, venue informer et sensibiliser les participantes sur son rôle, tout en leur prodiguant des conseils visant à renforcer la collaboration civilo-militaire au service d’une meilleure protection des populations.
Le forum a bénéficié de l’appui financier d’EQUIPOP dans le cadre du projet « Jeune Féministe des Savanes pour la Paix, la Sécurité et la Dignité », ainsi que de CARE Bénin-Togo, avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), à travers le projet « Le Féminisme en Action ».
