Microplastiques : ces particules invisibles qui s’invitent dans nos assiettes !

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(Société Civile Médias) – Ils sont invisibles à l’œil nu, mais peuvent se retrouver dans ce que nous mangeons et buvons. Les microplastiques, issus notamment de la dégradation des déchets plastiques, constituent une préoccupation majeure pour les systèmes alimentaires et la santé. Au colloque sous-régional sur la transition alimentaire et les enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest, Cynthia Douhadji, directrice et assistante de recherche au Centre TMSU International, a expliqué comment ces particules peuvent passer de l’environnement à nos assiettes.

Loin de disparaître après leur utilisation ou leur recyclage, les déchets plastiques peuvent en effet poursuivre leur cycle dans l’environnement. Sous l’effet de différents facteurs, ils se dégradent progressivement en particules de très petite taille, les microplastiques. Ces derniers peuvent ensuite contaminer différents milieux, notamment l’eau et les écosystèmes marins.

« On a tendance à considérer la question des plastiques de façon linéaire, c’est-à-dire qu’on part de la production à l’utilisation, puis au recyclage. On pense qu’après le recyclage ou après les avoir jetés, le processus s’arrête là, mais ce n’est pas du tout le cas », explique Cynthia Douhadji. « En réalité, c’est une boucle », poursuit-elle.

Cette boucle peut notamment conduire les microplastiques jusqu’à l’alimentation humaine. En effet, ils peuvent être présents dans l’eau consommée ou être introduits dans la chaîne alimentaire par l’intermédiaire d’organismes marins qui les accumulent avant d’être consommés à leur tour par l’être humain.

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La question ne se limite donc plus à la pollution des océans ou à la gestion des déchets. Elle rejoint directement les préoccupations liées à l’alimentation et à la nutrition. L’ingénieure souligne d’ailleurs que des études ont déjà permis de détecter la présence de microplastiques dans différents éléments de l’organisme humain, notamment le sang et le lait maternel.

Sur leurs effets exacts sur la santé, Cynthia Douhadji appelle toutefois à la prudence. Si des travaux scientifiques font état de possibles perturbations du microbiote ou du système endocrinien, le lien de causalité direct entre l’exposition aux microplastiques et l’apparition de maladies chez l’être humain reste encore à établir.

« Ce qui reste à démontrer, même si certaines études tendent à le montrer, c’est le lien de causalité direct entre les microplastiques et les effets sur la santé humaine », précise-t-elle.

Face à cette problématique, Mme Douhadji identifie trois pistes d’action. La première relève de l’atténuation, qui consiste à agir à la source en réduisant la production et l’utilisation des plastiques susceptibles de se transformer en microplastiques.

La deuxième approche est celle de l’adaptation. Il s’agit de composer avec les microplastiques déjà présents dans l’environnement et de chercher les moyens de limiter leur présence dans les aliments et leur ingestion par les populations.

La troisième piste consiste à éviter ce que la chercheure qualifie de « maladaptation ». Certaines réponses présentées comme des alternatives au plastique peuvent en effet poser de nouveaux problèmes. Elle cite notamment certains plastiques dits biodégradables qui, dans certaines conditions, peuvent se dégrader en particules plus petites sans pour autant résoudre complètement le problème de la pollution plastique.

Cynthia Douhadji invite ainsi à dépasser la seule question de la gestion des déchets pour considérer le plastique comme un enjeu qui traverse désormais toute la chaîne alimentaire. De la production des emballages à leur utilisation, puis à leur dégradation dans l’environnement, le parcours du plastique peut finalement conduire jusqu’à l’assiette.