(Société Civile Médias) – La première phase opérationnelle du projet Féminisme, Actions et Mobilisation pour une Économie inclusive (FAME) au Togo arrive à son terme. Lancée il y a un an à travers un premier appel à projets, elle a permis de retenir et d’accompagner 16 associations féministes de la société civile togolaise, qui ont déployé différentes initiatives sur le terrain. Après douze mois de mise en œuvre, cette étape s’est achevée avec un atelier de capitalisation qui a permis de valoriser les résultats obtenus, de partager les expériences issues des différentes interventions et de procéder à la fermeture officielle du premier appel à manifestation d’intérêt. Dans la foulée, les acteurs du projet ont annoncé le lancement d’un deuxième appel, ouvrant la voie à une nouvelle phase dans la mise en œuvre du projet FAME au Togo.
Porté par l’ONG GERES et financé à hauteur de 10 millions d’euros (environ 6 527 360 700 FCFA) par l’Agence Française de Développement (AFD), dans le cadre du Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF), le projet FAME s’attaque à un défi structurel majeur. Il est né du constat que de nombreuses organisations féministes, ou dirigées par des femmes au sein de la société civile togolaise, rencontrent des difficultés à accéder aux financements internationaux. En cause notamment : des exigences élevées des bailleurs, souvent difficiles à satisfaire en raison de ressources limitées et de capacités institutionnelles encore fragiles.

Face à cette réalité, le projet vise à renforcer de manière durable les capacités d’action des organisations féministes togolaises, afin d’assurer leur pérennité et d’amplifier l’impact de leurs initiatives. Concrètement, il propose un accompagnement organisationnel et technique adapté aux besoins de chaque structure, facilite l’accès aux financements et favorise l’intégration dans un réseau féministe international. Ce cadre de collaboration permet de stimuler le partage d’expériences, la solidarité entre acteurs et le renforcement mutuel des organisations au-delà des frontières.
Dans cette dynamique, 16 organisations féministes de la société civile togolaise ont été sélectionnées et financées pour la mise en œuvre d’actions concrètes sur le terrain.
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« Ces organisations sont réparties sur l’ensemble du territoire togolais, du sud au nord. Elles proviennent notamment des régions Maritime, des Plateaux, de la Centrale et de la Kara. Toutes ont déployé des initiatives variées, allant de l’agroécologie à la transformation agroalimentaire, en passant par des actions de formation sur les violences basées sur le genre et la gestion inclusive de l’environnement », indique Edi Afi KPOGAN-AMOUZOU, consultante au Togo pour le projet FAME.
Des initiatives à fort impact sur le terrain
Organisé le mardi 14 avril 2026 à Lomé, l’atelier de capitalisation de la première phase du projet a constitué un cadre privilégié d’échanges et de restitution pour les organisations bénéficiaires, venues présenter les résultats des actions menées sur le terrain au cours des douze derniers mois. À l’issue des différentes interventions, le bilan se révèle globalement positif, les initiatives déployées ayant généré des retombées concrètes et porteuses d’impact au sein des communautés bénéficiaires.



« Au cours des douze mois de mise en œuvre, les activités réalisées ont produit des résultats significatifs, se traduisant par des retombées concrètes et visibles sur le terrain. Cet atelier nous a ainsi offert l’opportunité de présenter les acquis des organisations bénéficiaires, de capitaliser les enseignements tirés et de partager les bonnes pratiques issues de l’expérience. », fait savoir la consultante au Togo pour le projet FAME
Basée à Lomé, l’association Femmes Actives pour le Développement et l’Autonomisation (FeADA) a mis en œuvre le projet « Renforcement des capacités et alphabétisation fonctionnelle des femmes et filles-mères pour leur autonomisation ». L’initiative a ciblé les femmes et filles-mères vulnérables du groupement « Mawu Passi » du village d’Amadenta (Commune Agoè-Nyivé 2). Il a permis de favoriser leur autonomisation à travers un programme structuré d’alphabétisation, de formation professionnelle et de renforcement des capacités économiques et sociales. Une action concrète au service de l’inclusion et de l’émancipation féminine.

« Nous avons renforcé leurs capacités en matière d’activités génératrices de revenus et leur avons offert un programme complet d’alphabétisation sur une période de neuf mois. Elles ont également bénéficié d’équipements destinés à faciliter la transformation du manioc en produits dérivés, notamment une râpe mécanique, un dispositif d’essorage ainsi que des marmites adaptées à la friture du gari. Enfin, un apatam a été construit pour leur servir de cadre de rencontre et de réunion », indique Akoura KAMA-DJONNA, présidente de l’association FeADA.
De son côté, l’association Aklala Batik, basée à Kpalimé, a déployé le projet « Insertion socioprofessionnelle des jeunes filles vulnérables ». Cette initiative a permis d’assurer la formation gratuite de 30 jeunes filles en couture et en batik. À l’issue du programme, elles ont bénéficié d’un appui en équipements afin de faciliter le lancement de leurs activités génératrices de revenus.

« Le projet nous a également permis d’apporter un appui aux filles hébergées au sein de notre centre, notamment à travers la mise à disposition de vivres, ce qui a contribué à les soutenir tout au long de leur apprentissage. Par ailleurs, nous avons été dotés d’équipements, dont des foyers améliorés, permettant de réduire jusqu’à 80 % la consommation de bois, dans une optique de préservation de l’environnement », confie Koffi MEYE, chargé de projet à Aklala Batik.
Présente à l’atelier de capitalisation, la Cheffe de projet FAME, Maë COAT, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats présentés par les organisations bénéficiaires, soulignant la qualité du travail accompli et l’impact des actions menées sur le terrain.

« Nous sommes particulièrement fiers des résultats présentés. Ils témoignent de l’impact réel du projet sur une diversité de communautés, notamment en matière de renforcement du pouvoir de décision des femmes, que ce soit au sein de leurs familles, de leurs communautés ou dans leurs environnements professionnels. Aujourd’hui, elles sont davantage en mesure de prendre des décisions, de gérer leurs ressources financières et se sentent mieux valorisées. Il s’agit là d’une avancée significative vers une autonomisation pleine et entière des femmes au Togo », se réjouie Mme COAT.

Dans la dynamique de consolidation des acquis et de poursuite des actions engagées, un deuxième appel à projets a été officiellement lancé en marge de cet atelier de capitalisation. Cette nouvelle phase ouvre la voie à d’autres organisations de la société civile féministe, qui auront à leur tour l’opportunité de bénéficier d’un accompagnement et de financements pour mettre en œuvre des initiatives sur le terrain.
À travers cet appel, le projet FAME entend ainsi prolonger son impact en soutenant de nouvelles actions au cours des douze prochains mois, contribuant davantage à l’autonomisation des femmes et au renforcement des dynamiques locales en faveur d’une économie plus inclusive au Togo.
