(Société Civile Médias) – Quelques semaines après la présentation de son argumentaire de plaidoyer aux décideurs du secteur de la santé, le Réseau Voix EssentiElles Togo (RVE-Togo) poursuit le renforcement des capacités de ses organisations membres afin de leur permettre de mener des actions de plaidoyer plus éclairées, coordonnées et stratégiques en faveur des femmes et des filles. C’est dans cette dynamique qu’il a organisé à leur intention, le mercredi 20 mai 2026 à Lomé, un atelier de renforcement des capacités axé sur les programmes et politiques de santé, ainsi que sur le processus du Fonds mondial.
Selon le Réseau Voix EssentiElles Togo (RVE-Togo), cette rencontre de renforcement des capacités répond à la nécessité de doter ses organisations membres d’une meilleure connaissance des mécanismes de financement disponibles, notamment ceux du Fonds mondial, ainsi que des programmes et politiques nationales de santé qui encadrent les interventions dans les domaines du VIH/Sida, de la tuberculose et du paludisme. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le processus en cours du huitième cycle de reconstitution des ressources du Fonds mondial (GC8).


Elle se justifie également par la vulnérabilité accrue des femmes et des filles au Togo face au VIH/Sida, à la tuberculose et au paludisme, en raison de facteurs biologiques, sociaux et économiques qui renforcent leur exposition à ces maladies.
Pour Béatrice Kpokpoya, coordinatrice du RVE-Togo, l’Instance de coordination nationale du Fonds mondial (CCM-Togo), ainsi que les programmes nationaux de santé tels que le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) et le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), constituent des cadres d’action incontournables. Elle souligne que les membres du réseau doivent en maîtriser les missions, les axes prioritaires et les modalités de collaboration, afin d’orienter leurs actions en cohérence avec les politiques nationales de santé.
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« Il s’agit de doter les dix organisations membres du réseau des connaissances et des outils nécessaires pour mieux comprendre le processus du Fonds mondial, le fonctionnement du CCM-Togo, les programmes nationaux ainsi que les politiques nationales de santé, afin d’orienter leurs actions de manière plus stratégique et de conduire des plaidoyers plus efficaces en faveur des populations vulnérables », explique-t-elle.

La rencontre a, d’une part, permis aux membres du RVE-Togo de mieux comprendre la genèse, le fonctionnement et les priorités du CCM-Togo. Selon Frédéric Boyoda, chargé de communication au Secrétariat permanent du CCM-Togo, cette instance occupe une place centrale dans la gouvernance des financements du Fonds mondial. Il précise que le CCM est notamment chargé de coordonner l’élaboration des demandes de financement, de sélectionner de manière transparente les récipiendaires principaux, d’assurer le suivi de la mise en œuvre des subventions, ainsi que de veiller à une gestion rigoureuse des ressources allouées à la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme.

L’atelier a, d’autre part, permis aux organisations membres du RVE-Togo de se familiariser avec le processus du Fonds mondial, notamment les étapes et enjeux du huitième cycle de reconstitution des ressources (GC8) en cours. Il a également été l’occasion de présenter le fonctionnement des programmes nationaux de santé (PNLP, PNLT, PNLS, Plateforme OSC/VIH) ainsi que leurs axes d’intervention prioritaires.
Les échanges ont en outre permis d’identifier les opportunités de collaboration et d’articulation entre les actions du réseau, celles du CCM et des programmes nationaux de santé, tout en renforçant le positionnement stratégique des organisations féminines dans les processus de prise de décision en matière de santé, notamment en ce qui concerne l’intégration de la dimension genre. Un aspect cher à la Coordination des organisations féminines du Togo (COFET).

« Trop souvent, dans l’élaboration des politiques nationales de santé, la dimension genre est insuffisamment prise en compte. Pourtant, il ne faut pas oublier que ce sont majoritairement les femmes qui portent le poids de la prise en charge au quotidien, que ce soit pour elles-mêmes, leurs enfants ou leurs proches. La responsabilité de veiller sur les personnes malades repose très souvent sur elles, ce qui alourdit considérablement leur charge sociale et familiale », fait observer Ellih Atikpo, Chargé de communication de la COFET.
Participante à l’atelier, Ablavi Bebou, coordinatrice de l’association FEDIA (Famille Engagée pour le Développement Inclusif en Afrique), s’est dite satisfaite des échanges et des acquis de la session.

« Cette rencontre a été très enrichissante pour moi, car elle m’a permis de mieux comprendre les mécanismes de coordination des priorités sanitaires au niveau national, ainsi que les espaces et leviers disponibles pour le plaidoyer communautaire. Elle nous a également aidés à envisager de nouvelles dynamiques de collaboration entre organisations, tout en renforçant notre engagement pour une meilleure prise en compte des femmes et des filles dans les processus d’élaboration des politiques de santé au Togo », a-t-elle indiqué.
