Togo / Projet EP2F : des chefs d’entreprise encouragés à intégrer la RSE pour améliorer leur productivité

6 min : Temps de lecture

(Société Civile Médias) – Membre du consortium chargé de la mise en œuvre du projet EP2F (« Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles »), Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) poursuit le déploiement des activités prévues dans le cadre de cette initiative. Quelques semaines après le lancement de la plateforme RSE-SC Togo, destinée à renforcer la protection des femmes et des filles en milieu professionnel, l’organisation a réuni, le mardi 30 juin à Lomé, des chefs d’entreprise autour d’un café-débat. Cette rencontre d’échanges et de réflexion a permis aux participants de mieux s’approprier les principes de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), tout en mettant en lumière les bénéfices concrets qu’une telle démarche peut apporter à la performance, à la productivité et à la pérennité de leurs entreprises.

Le projet EP2F, il faut le rappeler, est porté par le consortium composé de CARE France, CARE Bénin/Togo, NADDAF et Groupe de Réflexion et d’Action Femme Démocratie et Développement (GF2D), avec le soutien financier de l’UE (Union Européenne). Il veut construire des partenariats solides avec tous les types d’entreprises et peu importe le secteur d’activité pour faire des droits des femmes et filles employées un pilier incontournable de la RSE.

Consacrée à l’échelle internationale par la norme ISO 26000 adoptée en novembre 2010, la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) désigne la contribution volontaire des entreprises au développement durable, à travers la prise en compte des enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans leurs activités et dans leurs relations avec leurs parties prenantes.

Toutefois, selon NADDAF, de nombreuses entreprises ne perçoivent pas encore clairement la raison d’être de la RSE, ni ses avantages, tant pour la société que pour elles-mêmes. D’où la nécessité de les sensibiliser et de renforcer leur compréhension de cette approche.

- Advertisement -
Bernard A. Bokodjin (au micro) lors des échanges.

«La RSE n’est pas une contrainte pour l’entreprise, mais un véritable levier de performance, d’innovation et de durabilité. Lorsqu’elle est bien comprise et intégrée, elle permet non seulement d’améliorer l’image de l’entreprise, mais aussi de renforcer sa compétitivité et sa relation avec les communautés. C’est d’ailleurs ce qui justifie la tenue de ce café-débat, dont l’objectif est de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact positif de l’approche RSE sur la productivité de l’entreprise », explique Bernard Anoumo Bokodjin, Coordonnateur de l’association NADDAF.

La RSE au cœur des échanges entre chefs d’entreprise

Activité phare du projet EP2F, le café-débat a réuni 25 chefs d’entreprise ou leurs représentants. Il a permis de les sensibiliser aux principes et enjeux de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), notamment en lien avec la promotion et la protection des droits humains.

Vue des participants au café-débat

La rencontre a également favorisé des échanges d’expériences entre les participants sur les bonnes pratiques RSE et leurs résultats au sein de leurs organisations.

Lire aussi : Lancement de la plateforme RSE-SC Togo pour renforcer la protection des femmes et des filles en entreprise

Invité à partager son expertise avec les participants, Wilfried Semedo, expert en RSE, a mis en lumière les outils et référentiels internationaux qui permettent aux entreprises d’intégrer efficacement cette démarche dans leur fonctionnement.

Selon lui, la RSE ne se limite pas à un ensemble de bonnes intentions, mais repose sur une stratégie clairement définie, des procédures adaptées et des indicateurs de performance permettant de mesurer l’impact des actions engagées. Il a notamment présenté les normes ISO 26000 et GRI, qui constituent des références internationales pour structurer les politiques RSE et évaluer leur contribution à la performance de l’entreprise.

Wilfried Semedo, Expert en RSE

Pour l’expert, loin d’être une contrainte, la RSE constitue un véritable levier de performance.

« Lorsqu’une entreprise intègre les dimensions environnementale et sociale dans sa stratégie, elle innove davantage, améliore ses méthodes de travail, renforce l’engagement de ses collaborateurs et gagne en efficacité. Au final, cela se traduit aussi par une meilleure rentabilité », a-t-il expliqué.

Le café-débat a, en outre, encouragé les entreprises présentes à adopter ou à renforcer des initiatives RSE intégrant davantage la protection des droits des femmes et des filles.

« La RSE ne se limite pas aux questions environnementales. Elle intègre également les droits humains, notamment le respect des droits des femmes et des filles. Intégrer les droits des femmes et des filles dans la stratégie RSE n’est pas seulement une exigence éthique, c’est aussi un facteur de performance. Une entreprise qui promeut l’égalité, protège les droits de ses collaborateurs et crée un environnement de travail inclusif est une entreprise plus attractive, plus résiliente et plus performante », a expliqué Wilfried Semedo.

Représentant de CFAO Motors lors du café-débat, Djéri Agbeka, Directeur des ressources humaines de l’entreprise, s’est félicité de la tenue de cette rencontre, qu’il juge particulièrement enrichissante. Selon lui, elle a offert aux entreprises participantes un cadre privilégié pour partager leurs expériences en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), tout en découvrant de nouvelles approches et des outils susceptibles de renforcer leurs propres pratiques.

Djéri Agbeka, représentant de Cfao Motors à la rencontre.

« Notre entreprise est déjà fortement engagée dans une démarche RSE à travers plusieurs initiatives que j’ai eu l’occasion de partager avec les autres participants. Mais cette rencontre m’a surtout permis de découvrir qu’il existe des outils et des référentiels qui peuvent nous aider à structurer davantage notre démarche et à en mesurer les résultats. C’est cette dimension qui constitue, pour moi, la véritable valeur ajoutée de ce café-débat », s’est réjoui M. Agbeka.

Pour sa part, Mawuli Goka, Coordinatrice de programme à la Fondation KYA, a salué l’initiative, estimant qu’elle a permis de mettre en évidence le rôle que peut jouer la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans la promotion des droits des femmes et des filles en milieu professionnel. Elle a notamment relevé l’importance d’intégrer davantage cette dimension dans les politiques et pratiques des entreprises.

Mawuli Goka, représentant de KYA Fondation.

« Cette rencontre nous a permis de mieux comprendre que la RSE ne se limite pas à la protection de l’environnement ou aux performances économiques de l’entreprise. Elle englobe également le respect des droits humains, notamment ceux des femmes et des filles. Nous repartons avec une meilleure compréhension des outils et des bonnes pratiques qui permettent de créer un environnement de travail plus inclusif, plus sûr et plus équitable. C’est un apprentissage que nous pourrons valoriser dans nos propres actions de sensibilisation et de plaidoyer », a-t-elle confié.

A noter que l’association NADDAF organisera dans les prochaines semaines des ateliers à l’intention des responsables RSE d’entreprises togolaises. L’association travaillera également avec les collectivités territoriales afin de les amener à assurer un suivi des entreprises implantées sur leur territoire, notamment en ce qui concerne l’application des principes de la RSE.