(Société Civile Médias) – Le contenu de l’assiette familiale n’est pas sans conséquence sur la santé des plus jeunes. Au moment où ils quittent progressivement le lait maternel pour intégrer le repas familial, les enfants deviennent eux aussi exposés aux transformations des habitudes alimentaires du foyer. Un lien mis en évidence par Dr Reine Dossou, vice-présidente du Réseau Académique pour la Nutrition au Togo (ResANut), lors du colloque sous-régional sur la transition alimentaire et les enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest.
La chercheure s’est intéressée à une étape décisive de l’alimentation de l’enfant, notamment le passage progressif du lait maternel au repas familial.. D’après elle, c’est à ce moment que l’alimentation familiale prend progressivement le relais du lait maternel et devient une composante essentielle de son alimentation quotidienne.
« Quand les enfants atteignent un certain âge, surtout lorsqu’ils atteignent un an, ils commencent à manger le repas familial », explique la Dr Reine Dossou.
Dès lors, les changements qui touchent l’alimentation des adultes peuvent directement se répercuter sur celle des enfants.
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« Si vraiment la transition nutritionnelle ou la transition alimentaire a un impact sur l’alimentation des adultes, automatiquement les enfants aussi sont exposés, puisqu’ils mangent le repas de la famille », souligne-t-elle.
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Cette exposition devient encore plus importante au fur et à mesure que l’enfant grandit. Selon Dr Reine Dossou, autour de deux ans, l’allaitement maternel est progressivement abandonné et l’enfant dépend davantage de l’alimentation disponible au sein du foyer. Il devient alors difficile de dissocier la nutrition de l’enfant des habitudes alimentaires de ses parents.
« Si les parents sont influencés par cette transition alimentaire et nutritionnelle, automatiquement, les enfants aussi la subissent », insiste-t-elle. Une situation qui invite à porter une attention particulière à la composition des repas familiaux, mais aussi aux habitudes que les parents transmettent aux enfants dès leur plus jeune âge.
Cette question est d’autant plus importante que la malnutrition demeure une réalité au Togo. La chercheure rappelle que le retard de croissance, l’émaciation et l’insuffisance pondérale touchent également les enfants dans le pays, contrairement à l’idée selon laquelle la malnutrition concernerait essentiellement les pays confrontés à de graves pénuries alimentaires ou à des situations de crise.
Pour prévenir ces risques, la qualité et la diversité de l’alimentation après le sevrage constituent donc des éléments essentiels. La Dr Dossou plaide notamment pour une meilleure valorisation des aliments locaux, qu’elle considère comme des ressources importantes pour assurer une alimentation équilibrée aux enfants.
« Il faut vraiment revoir l’alimentation, retourner à nos aliments locaux, qui sont assez nutritifs, qui contiennent beaucoup de fibres et qui peuvent nous aider à atteindre l’équilibre alimentaire », recommande-t-elle.
La chercheure invite également les parents à être attentifs aux habitudes alimentaires qu’ils transmettent à leurs enfants. Car les préférences alimentaires se construisent très tôt au sein de la famille. L’introduction régulière de produits très transformés ou de certains aliments fortement associés aux habitudes alimentaires modernes peut ainsi contribuer à façonner durablement les goûts et les comportements des enfants.
« Les enfants apprennent à manger dans le cercle familial », rappelle la Dr Reine Dossou, qui encourage les parents à privilégier les aliments de base disponibles localement, comme les préparations à base de céréales accompagnées de légumes ou encore le riz au niébé.
